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Borne de Recharge en Copropriété : Guide Complet Installation et Financement

Installer une borne de recharge en copropriété est possible, même sans accord de la majorité des copropriétaires. La loi vous protège. Depuis 2011, le droit à la prise permet à tout résident d’équiper sa place de parking d’une borne individuelle, sous réserve d’en informer le syndic. Et pour les projets collectifs, des aides substantielles existent via la prime ADVENIR.

Ce guide complet vous explique les deux voies possibles — installation individuelle via le droit à la prise, ou installation collective mutualisée —, les démarches à suivre, les aides disponibles, et les coûts à prévoir.


Pourquoi installer une borne de recharge en copropriété ?

Le nombre de véhicules électriques en France augmente chaque année. Pour les résidents d’immeubles collectifs, l’accès à la recharge à domicile est un avantage décisif. Recharger son VE pendant la nuit, sur sa place de parking, c’est l’équivalent d’un “plein” gratuit chaque matin — à condition d’avoir accès à un point de charge.

Sans infrastructure de recharge, les copropriétaires conducteurs de VE sont contraints d’utiliser des bornes publiques, souvent loin de leur domicile. C’est une contrainte quotidienne qui freine l’adoption du véhicule électrique et diminue la valeur perçue du bien immobilier.

Une borne de recharge en copropriété répond à ces enjeux. Elle est aujourd’hui considérée comme un équipement valorisant pour l’immeuble, au même titre qu’un interphone vidéo ou un système de digicode. Les études immobilières montrent que la présence d’IRVE en copropriété est de plus en plus mentionnée dans les annonces comme critère différenciant.


Le droit à la prise en copropriété : ce que ça change pour votre projet

Bonne nouvelle pour les résidents d’immeubles : vous n’avez pas besoin de convaincre l’AG pour installer une borne de recharge sur votre place de parking. Le droit à la prise, renforcé par la loi ELAN de 2018, crée un cadre légal qui protège votre démarche individuelle.

Qui est concerné ?

Tout occupant disposant d’une place de stationnement identifiée dans la copropriété — qu’il soit propriétaire, locataire ou occupant de bonne foi. La place peut se trouver en sous-sol, en extérieur, en partie privative ou commune.

La démarche en copropriété

Contrairement à une installation en maison individuelle, le passage par le syndic est requis. Vous envoyez une lettre recommandée avec le descriptif technique et le devis de votre installateur IRVE. Le syndic a trois mois pour répondre — et son silence équivaut à un feu vert.

Les refus restent exceptionnels lorsque le dossier est bien monté. Notre page dédiée au droit à la prise détaille la rédaction de la notification, les motifs de refus recevables et les recours possibles.


Installation collective vs installation individuelle en copropriété

Deux approches sont possibles pour équiper une copropriété. Le choix dépend du nombre de résidents concernés, du budget disponible, et de la volonté du conseil syndical.

L’installation individuelle (droit à la prise)

Chaque copropriétaire intéressé installe sa propre borne, raccordée à son propre compteur électrique. C’est la solution la plus rapide : pas besoin d’AG, pas de consensus à obtenir, démarrage possible dès la notification au syndic.

L’inconvénient est le coût par borne : sans mutualisation du tirage de câbles, chaque installation est traitée séparément, ce qui peut revenir plus cher à l’unité. De plus, si plusieurs résidents font la démarche en parallèle, les travaux dans les parties communes se répètent.

L’installation collective mutualisée

Une copropriété peut voter en assemblée générale une installation collective d’IRVE, dans le cadre d’un projet global. Cette approche présente plusieurs avantages :

  • Coût unitaire réduit : en installant plusieurs bornes simultanément, le coût par point de charge diminue significativement
  • Infrastructure partagée : un seul tirage de câbles, un seul tableau IRVE, un seul système de gestion
  • Eligibilité ADVENIR renforcée : les projets collectifs de copropriété bénéficient d’une aide ADVENIR spécifique pouvant aller jusqu’à 50 % du coût total
  • Préparation pour l’avenir : l’infrastructure peut être dimensionnée pour accueillir plus de bornes que le nombre initial, sans surcoût de génie civil

Pour voter l’installation collective, une résolution doit être inscrite à l’ordre du jour de l’AG. Elle est adoptée à la majorité de l’article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires) ou de l’article 24 selon les cas. Le conseil syndical et le gestionnaire peuvent aider à préparer le dossier.


Votre copropriété est-elle déjà pré-équipée IRVE ?

Si votre immeuble a été construit après mars 2021, il dispose probablement d’un pré-câblage dans le parking : gaines techniques, chemins de câbles et tableaux dimensionnés pour accueillir des bornes. La loi LOM rend ce pré-équipement obligatoire pour les constructions neuves et les rénovations lourdes.

En pratique, cela divise par deux ou trois le budget d’installation : le génie civil est déjà fait, il ne reste que la pose de la borne et le raccordement. Vérifiez auprès de votre syndic si un pré-câblage IRVE a été intégré au bâtiment. Notre guide sur la loi LOM détaille les obligations par type de bâtiment et les échéances applicables.


Les étapes pour installer une borne en copropriété

Que vous optiez pour une installation individuelle ou collective, le processus suit des étapes similaires.

1. Diagnostic technique : un installateur certifié IRVE évalue l’état du réseau électrique de l’immeuble, la capacité du tableau général, et la faisabilité technique du projet. Cette étape est gratuite ou incluse dans le devis.

2. Choix de l’approche : individuelle (droit à la prise) ou collective (vote en AG). Cette décision influence le calendrier, le budget, et les aides auxquelles vous pouvez prétendre.

3. Notification ou vote en AG : selon l’approche choisie, envoi de la notification au syndic (voie individuelle) ou inscription de la résolution à l’ordre du jour de l’AG (voie collective).

4. Devis et commande : après accord ou délai de réponse, l’installateur prépare le devis définitif et commande le matériel. Les délais de livraison varient selon les modèles (2 à 6 semaines généralement).

5. Travaux : tirage de câbles, pose de la borne, raccordement, test et mise en service. Durée : 1 journée pour une installation individuelle, 2 à 5 jours pour un projet collectif de plusieurs bornes.

6. Dossier ADVENIR : votre installateur constitue et dépose le dossier de demande d’aide ADVENIR avant les travaux (obligatoire pour être éligible).

7. Attestations et réception : remise du dossier complet (schéma électrique, attestations de conformité, certificat de qualification IRVE de l’installateur).


Aides et financement pour la borne de recharge copropriété

Le coût d’installation d’une borne de recharge en copropriété peut être significativement réduit grâce aux aides disponibles.

Prime ADVENIR copropriété

La prime ADVENIR dispose d’un volet spécifique pour les copropriétés. Pour les installations collectives, l’aide peut couvrir jusqu’à 50 % du coût de fourniture et d’installation, dans la limite de 1 300 € par point de charge pour les bornes inférieures à 22 kW.

Les conditions sont les mêmes que pour les autres bénéficiaires : installateur certifié IRVE, dossier déposé avant le début des travaux, bornes conformes aux spécifications du programme. Pour les projets collectifs de copropriété, ADVENIR accepte le syndicat de copropriété comme bénéficiaire, ce qui simplifie les démarches.

TVA à taux réduit et crédit d’impôt

Pour les installations individuelles réalisées dans la résidence principale, la TVA peut s’appliquer à taux réduit (5,5 % ou 10 % selon les cas) si certaines conditions sont remplies. Vérifiez avec votre installateur les conditions applicables à votre situation.

Les personnes assujetties à l’impôt sur le revenu peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt dans le cadre des dispositifs de transition énergétique. Les conditions et montants évoluent chaque année — consultez votre conseiller fiscal ou le site impots.gouv.fr pour les règles en vigueur.


Combien coûte une borne de recharge en copropriété ?

Le coût varie selon le type d’installation (individuelle ou collective), la puissance de la borne, et les contraintes techniques du bâtiment.

Type d’installationCoût matérielCoût installationTotal estimé
1 borne individuelle 7 kW800 – 1 500 €600 – 1 500 €1 400 – 3 000 €
4 bornes collectives 7 kW3 000 – 6 000 €2 000 – 4 000 €5 000 – 10 000 €
10 bornes collectives avec infra8 000 – 15 000 €4 000 – 8 000 €12 000 – 23 000 €
Infrastructure seule (pré-câblage)2 000 – 5 000 €1 500 – 3 000 €3 500 – 8 000 €

Le budget varie selon l’âge du tableau électrique et la longueur de tirage de câbles. Pour un chiffrage adapté à votre résidence, demandez une étude gratuite.

Avec la prime ADVENIR (jusqu’à 1 300 € par borne pour les copropriétés), le reste à charge pour une installation collective peut être réduit à moins de 1 000 € par point de charge dans les cas favorables.


FAQ — Borne de recharge copropriété

Le syndic peut-il refuser l’installation d’une borne par droit à la prise ?

Le syndic ne peut refuser une installation par droit à la prise qu’en invoquant un motif légitime et sérieux : travaux prévus dans les parties communes, danger technique avéré, impossibilité technique démontrée. Un refus non motivé peut être contesté devant le tribunal judiciaire. Dans la pratique, les refus sont très rares lorsque le dossier technique est complet.

Faut-il modifier le règlement de copropriété pour installer des bornes ?

Non, pour les installations individuelles par droit à la prise. Pour les installations collectives votées en AG, le règlement de copropriété n’a généralement pas besoin d’être modifié — la résolution de l’AG suffit. Une modification du règlement peut être nécessaire si les bornes sont intégrées dans des espaces communs avec un régime de gestion spécifique.

Qui paie l’électricité consommée par une borne individuelle en copropriété ?

Pour une installation individuelle (droit à la prise), la borne est raccordée au compteur individuel du résident. Il paie donc sa consommation sur sa propre facture d’électricité. Pour une installation collective, des systèmes de comptage individuel permettent de répartir les coûts selon la consommation réelle de chaque utilisateur.

Combien de temps dure la procédure avant de pouvoir installer une borne ?

Avec le droit à la prise : 3 mois maximum (délai de réponse du syndic). Si le syndic ne répond pas dans ce délai, les travaux peuvent commencer. Avec une installation collective en AG : le délai dépend du calendrier des assemblées générales, soit généralement 1 à 6 mois selon le moment de la demande.

La borne de recharge appartient-elle au copropriétaire ou à la copropriété ?

Pour une installation individuelle par droit à la prise, la borne appartient au résident qui l’a installée. Pour une installation collective votée en AG, elle appartient à la copropriété et fait partie des parties communes. En cas de vente du bien, une borne individuelle peut être cédée ou déposée selon ce qui est convenu entre vendeur et acheteur.


Lancer votre projet en copropriété

Droit à la prise individuel ou installation collective mutualisée ? Notre équipe vous aide à choisir l’approche la mieux adaptée à votre résidence. Nous préparons le dossier technique pour le syndic, montons le dossier ADVENIR et intervenons dans toute la France — des petits immeubles aux grandes résidences.

Pour les projets collectifs, nous proposons une présentation en conseil syndical avant le vote en AG.

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Une question sur votre situation ? Écrivez-nous, réponse sous 24h. Pour les parkings d’entreprise, consultez notre guide borne de recharge entreprise.